Bonjour,
Le groupe Enfants Trouvés a été créé le 12 novembre 2006. Il comporte aujourd’hui 175 membres.
Enfants abonnés et pupilles de l’Etat.
Ne pas confondre avec les pupilles de la Nation, orphelins de guerre. Il s’agit ici des enfants abandonnés.
Pour tous ceux-ci, adoptés ou non, le problème est en effet bien souvent vital. Vivant comme « dans la nuit » et l’ignorance de leurs origines, le moindre détail relatif à leur naissance suffira à donner à certains l’impression d’être moins anonymes, alors que d’autres, au contraire, réagiront très violemment en sens inverse.
Disons tout de suite que le problème, au plan généalogique, est souvent des plus ardus à résoudre. Avec beaucoup d’efforts, c’est à peine si l’on peut espérer aboutir dans environ deux cas sur cinq.
Autrefois, les enfants abandonnés étaient souvent déposés par la mère ou la sage-femme dans le « tour » d’un hospice ou d’un hôpital. Il s’agissait d’un « tambour » placé dans le mur. Ce faisant, on tirait une cloche avertissant la « sœur tourière » qui venait le retirer.
Un procès-verbal était alors dressé, décrivant les circonstances dans lesquelles l’enfant avait été trouvé, ses vêtements, et reproduisant parfois le texte d’un petit mot, griffonné par la sage-femme ou la mère elle-même, parfois riche d’informations et toujours très émouvant. Ces documents sont à rechercher aux Archives municipales ou hospitalières.
Le nom des enfants abandonnés a longtemps été choisi très arbitrairement (notamment en prenant le prénom du parrain ou du saint du jour). Une circulaire de 1905 officialisera l’habitude de donner plusieurs prénoms dont le dernier servira de nom. De ce fait, bien des descendants d’enfants abandonnés portent un prénom pour nom de famille.
Les enfants abandonnés non adoptés.
En situation généalogique plus simple, ceux-ci pourront tout d’abord se procurer leur acte de naissance, en le demandant à la mairie du lieu de naissance, ou au greffe du tribunal dont dépend ce lieu.
Ils peuvent alors se trouver en présence :
d’un acte de naissance normal, à exploiter selon les méthodes de généalogie ascendante classique s’il fait état d’une filiation (l’enfant est celui d’un couple légitime), selon les méthodes vues précédemment pour les enfants naturels s’il est né d’un couple illégitime ou d’une mère célibataire. Si cet acte mentionne en marge un acte de reconnaissance, toujours s’y reporter. Par contre, savoir que bien souvent la mère peut avoir déguisé son nom afin de brouiller les pistes. On s’apercevra assez vite qu’il est faux, voire inventé et la piste s’arrêtera. Le seul espoir, en cas de naissance peu ancienne, est alors de pouvoir retrouver la sage-femme citée dans l’acte et que, malgré son obligation au secret professionnel, celle-ci accepte de renseigner. Faire preuve alors de beaucoup de doigté ;
d’un acte de naissance où l’enfant est déclaré « né de père et mère non dénommés ». Il aura alors souvent reçu plusieurs prénoms, dont le dernier lui tient lieu de nom. La seule solution est, comme précédemment, de s’orienter sur la recherche de la sage-femme ;
d’un acte de naissance provisoire, autrement dit « bidon », faisant naître l’enfant en un lieu de fantaisie. Ce type d’acte est aisément reconnaissable du fait qu’établi au-delà du délai légal des trois jours suivant la naissance. Là, aucune recherche ne pourra malheureusement être entreprise.
Après s’être ou non procuré l’acte de naissance, demander à la D.D.A.S.S. (Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale), à la préfecture du département de naissance, son dossier d’abandon.
La démarche est évidemment permise aux seuls intéressés, depuis la loi du 17 juillet 1978, à condition que la mère, lors de l’abandon, n’ait pas exigé le secret. Excepté dans ces cas, des photocopies leur seront gratuitement fournies, à condition de faire toutefois preuve de patience, surtout à l’Assistance publique de Paris. Ce dossier, capital, pourra révéler aussi bien l’identité de la mère que celle du père et les motifs de l’abandon.
Enfin, si toutes ces démarches vous laissent impuissants, vous pouvez contacter, soit un généalogiste professionnel, qui ne pourra cependant pas toujours faire ici de miracle, soit une des associations d’anciens pupilles de l’Etat et d’adoptés portant bénévolement aide et conseils à leurs « frères et sœurs d’infortune » dans la recherche de leurs origines (GENAB ou DPEAO).
Comment prendre contact avec la famille d’origine ?
Plus que jamais, vous devez prendre ici d’infinies précautions. Mieux vaut suivre les précieuses recommandations d’Annette Blain, fondatrice de la DPEAO, qui a réussi plusieurs centaines de rencontres mère-enfant.
Vous devez faire attention de :
ne jamais mener l’enquête publiquement, ou, avant, ou après avoir identifié votre mère, de laisser supposer quoi que ce soit à qui que ce soit d’autre qu’à elle-même ;
ne jamais débarquer dans sa vie sans d’infinies précautions ;
ne chercher à la voir que seule, sachant que sa famille, ses amies, comme éventuellement son mari et ses enfants si elle a refait sa vie, ignorent sans doute ce secret qui la tenaille et qu’elle seule est en droit de leur révéler ;
ne pas arriver en juge ou en revendicateur, penser plutôt à la détresse et au remords que lui aura immanquablement fait vivre ce geste contre nature auquel elle dut se voir contrainte ;
- ne pas l’agresser de questions indécentes ou indiscrètes ;
Essayer de toujours trouver un intermédiaire pour établir le contact (assistantes sociales, médecins, prêtres surtout, sont souvent des personnes bien placées pour recevoir une confidence et plaider votre cause) ;
Enfin, selon les termes même d’Annette Blain : « ne pas vous attendre à ce qu’elle vous fasse une déclaration d’amour. Vous êtes un étranger pour elle. Par la suite seulement, si les choses se passent bien, une évolution pourra venir… ».
Jean-Louis BEAUCARNOT, La Généalogie facile.
Rubrique du Mois : Les enfants naturels : (Source : Les enfants naturels et les enfants trouvés dans le département de la Vienne , Marie Thérèse SIRE) (Jean-Louis BEAUCARNOT, La Généalogie facile.)